« J’aimerais qu’on arrête de dramatiser le retour de nos enfants qui sont des victimes »

Je suis maman de 5 enfants, mes deux aînés un garçon de 20 ans et une fille de 18 ans sont portés disparus début juillet, date de mon emménagement en région parisienne. A notre arrivée ils prétextaient une visite de quelques jours à des copains de mon fils et chez ma sœur qui habitent dans la banlieue proche de paris. Au bout de 4 jours ne les voyant pas rentrés, j’appelle sur leurs tels portables, et à chaque fois je tombe sur la messagerie, et cela a duré 3 jours. J’avais reçu un texto de l’ex petite amie de mon fils qui lui demandait de l’appeler, ce que je fais, et les confidences qu’elle va me faire, va fortement me bouleverser à tel point que j’ai perdu l’appétit et je n’arrive plus trouver le sommeil. Mon fils lui aurait confié son envie d’aller porter secours au peuple syrien, victime d’injustice et criant famine et selon lui, le monde entier ne faisait rien pour leur venir en aide. J’ai questionné la jeune fille en question pour savoir pourquoi elle ne m’en a pas parlé de cette confidence plus tôt elle me répond, toute désolée, qu’elle n’imaginait pas que mes enfants, allaient mettre à exécution. Dans le récit qu’elle me livre, difficilement soutenable, elle met en évidence une tierce personne, qui aurait embrigadé  ma fille par le biais de réseaux sociaux,  et par la suite organisé leur voyage. Mon fils s’est laissé convaincre d’adhérer, à ce que j’appelle, moi une doctrine, une secte portant sur une idéologie fondamentaliste et extrémiste se servant de la religion, notamment l’islam.

Tout laissait présager cela pour ma fille mais pas pour son frère, ma fille a été fragilisée quelques années plus tôt, suite à un drame dont elle est la principale victime et dont elle ne s’en est jamais remise. Elle s’est convertie il y a 2 ans dans l’islam, dans le but de s’apaiser et trouver probablement un échappatoire à son mal être. En apparence, aucun signe ne laissait transparaître sa radicalisation, ils fumaient tous les deux.

Seulement, il y a un mois de cela, juste avant mon déménagement, elle a reçu beaucoup de colis notamment des livres, des vêtements envoyés par des « frères » et « sœurs » comme elle les appelait. Bien que mes enfants ne savent pas parler, ni lire arabe, ces nombreux livres sur l’interprétation des textes du Coran, tous sont traduits  en français. Elle surfait souvent sur internet et allait sur des sites qui parlaient de religions, entre autre l’islam. Par la suite j’ai appris que mon fils, a été profondément ému, en regardant sur un lien, une vidéo d’un enfant syrien qui pleurait, criait famine, demandant de l’aide, ces images pitoyables, n’ont fait que renforcer l’idée de mon fils de se rendre dans ce pays et leur porter secours.

Mes enfants étaient faits à mon image, adorable , serviable, pleine de compassion et toujours prêts à aider son prochain, et à cause de ce sentiment bonnement humain, aujourd’hui, ils sont en danger de mort, sans que personne, ni autorité puisse faire quoi que ce soit pour les rapatrier en France, car rappelons le, mes enfants sont des citoyens français, et en tant que tels, j’estime à fortiori qu’il y va du devoir du gouvernement français de protéger ses ressortissants et de ramener mes enfants sains et saufs, le temps joue effectivement en ma défaveur, d’une minute à l’autre leurs vies peuvent s’arrêter, n’oublions pas que ces fondamentalistes sont forts pour endoctriner et sans scrupules ;  je déplore le côté laxiste de notre gouvernement, c’est pourquoi j’en appelle aux parents qui ont vécu ce drame, de venir me rejoindre pour dénoncer ce fléau, auprès des autorités compétentes, qui pourrait prendre une ampleur à échelle mondiale. J’aimerai qu’on arrête de dramatiser les retours de nos enfants, qui sont victimes, mais d’apporter du soutien. C’est le cri de désespoir, d’une mère effondrée, et en souffrance.